Office jaune

2 octobre 2004
« L'art en action », Caravansérail, Rimouski

« Francis Arguin pourrait aisément se qualifier de performeur minimaliste sonore, créant par ses actions des espaces d’arts plastiques réussis au même titre qu’une peinture, une gravure, un photomontage ou une sculpture d’art pauvre. Mais avec une subtilité en plus : ses " tableaux performatifs ", absurdes de par les petites mutations de sens que l’artiste fait subir aux objets usuels et à sa personne, sont aussi des " concerts brefs ". En effet, Argui génère toujours des sons, des rythmes, qui demeurent dans la mémoire au même titre que les formes visuelles efficaces.
Pourtant, l’apparente gaucherie avec laquelle il arriva sur place n’avait rien de théâtral. Avec Office jaune, sa façon d’extirper d’un sac de plastique ses objets ne l’était guère non plus. L’absurde a frôlé le banal jusqu’à ce qu’il ait commencé à les manipuler dans l’espace. Du coup, le corps-matériau et le corps-son se sont soudés par les actes au site et aux objets. Impressionnant pour ce jeune artiste de la relève, aussi membre du collectif Les Frites Frettes avec Francis O’Shaughnessy. Le souffle performatif de Francis Arguin est venu de l’autre côté de la barrière qui sépare les arts visuels, la " non-zone disciplinaire " montrée par la performance et l’univers des musiques actuelles qu’il a adopté.

Que ce soit les petits entonnoirs qu’il a placés dans ses oreilles, le bruit d’une petite clochette alors qu’il était devenu Tibétain ou encore la sensualité des citrons qu’il a enduits de crème, éclaboussant en sons le plancher pour créer une forme exquise qui, pourtant, menaçait la première rangée des spectateurs, Francis Arguin a certes su développer un créneau captivant. » [extrait de Éclats récents d'art éphémère, Guy Sioui Durand, Inter, art actuel, numéro 47, hiver 2006]

 
Photo : Steve Leroux


Photo : Steve Leroux


Photo : Steve Leroux


Photo : Steve Leroux


Photo : Steve Leroux


Photo : Steve Leroux


Photo : Martin Côté